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Les explorations · 1 juillet 2026

Été 2026 : Madère

Chapitre 1 — Au-dessus du monde.

Il y a des endroits que l’on imagine pendant des mois. On regarde des photos, on rêve un peu, on se demande si la réalité sera à la hauteur.

Et puis il y a Pico do Arieiro.

Nous sommes arrivés tôt. Juste assez tôt pour avoir le sentiment que la montagne nous appartenait encore quelques instants. Il faisait froid. Ce froid qui pique les cuisses, porté par un vent venu de l’océan. Le soleil, lui, commençait doucement à réchauffer la peau.

Devant nous, les montagnes semblaient infinies.

Les unes derrière les autres, elles s’effaçaient progressivement dans une brume légère, comme des découpes de papier superposées. Plus elles s’éloignaient, plus leurs couleurs devenaient douces, jusqu’à se fondre dans le ciel. J’avais presque l’impression de regarder une immense œuvre réalisée en papier déchiré.

Nous étions là… au-dessus des montagnes. Au-dessus des nuages. Au-dessus du monde.

Les enfants grimpaient sur les rochers, observaient en silence les petits lézards qui s’approchaient dès que nous restions immobiles quelques secondes. Ils avaient cette liberté que seuls les grands espaces savent offrir.

Nous avons sorti notre petit-déjeuner, pour prolonger ce moment. Ralentir. Regarder encore un peu, beaucoup, pour me souvenir. Graver cette image dans nos mémoires avant que les premiers visiteurs n’arrivent.

Après quelques balades, nous avons rejoint Ponta do Pargo, ce phare que certains surnomment le phare du bout du monde.

Nous y avons attendu le coucher du soleil.

Sans parler.

Pendant près de trois quarts d’heure, nous avons simplement regardé la lumière changer. Les falaises se sont réchauffées, l’océan s’est teinté d’or, puis les couleurs se sont doucement éteintes jusqu’à laisser place à la nuit.

Lever et coucher de soleil. Deux lieux. Deux ambiances.

Mais une seule sensation.

L’émerveillement.

Chapitre 2 — Là où la nature joue avec les couleurs.

Après les sommets, direction la côte nord.

Et quelle côte…

À Seixal, la nature semble avoir décidé de réunir tout ce qu’elle sait faire de plus beau.

Une plage de sable noir, d’une douceur incroyable.

Une cascade qui tombe directement sur la plage.

Des montagnes couvertes d’un vert presque irréel.

Et comme si cela ne suffisait pas…

Un arc-en-ciel est apparu. Juste sur la cascade.

Un de ces instants qui semblent presque irréels. Ceux que l’on n’essaie même plus de photographier immédiatement. On regarde d’abord. Parce qu’on sait qu’ils ne dureront pas.

Les garçons ont adoré ce sable volcanique. Ils étaient fascinés par sa couleur, sa finesse, sa douceur. Puis sont entrés dans l’eau sans hésiter. Il y avait quelque chose d’enfantin, de simple, de profondément joyeux.

Ensuite nous avons découvert les piscines naturelles.

Des bassins sculptés par la lave, où l’océan vient doucement respirer au rythme des vagues.

Assis là, un cocktail servi dans un ananas entre les mains, nous avons reçu une notification.

Les résultats du bac anticipé de notre fille.

Drôle de mélange entre deux mondes. Celui de notre quotidien, de nos préoccupations de parents… et celui de cette parenthèse hors du temps.

Je crois que nous nous souviendrons toujours de l’endroit où nous avons découvert cette bonne nouvelle.

Nous avons ensuite longé la côte.

Les maisons semblaient s’accrocher aux falaises.

Les chemins étaient bordés d’hortensias, omniprésents sur l’île, comme si Madère avait choisi de fleurir chacun de ses paysages.

Encore une fois, nous n’étions pas pressés.

Parce qu’ici, chaque détour donnait envie de s’arrêter.

Il y a des paysages que l’on admire.

Et puis il y a ceux que l’on ressent.

La forêt de Fanal appartient à cette deuxième catégorie.

Nous l’avons découverte sous la pluie.

Une pluie fine.

Une brume épaisse qui avançait lentement entre les arbres, comme si la forêt respirait.

Les vieux lauriers semblaient vivants.

Leurs branches tordues dessinaient des silhouettes étranges. À chaque pas, j’avais l’impression qu’un personnage fantastique allait apparaître derrière un tronc, qu’un animal imaginaire allait traverser le brouillard.

Nous n’étions plus vraiment à Madère.

Nous étions dans un conte.

Quelques heures plus tard, changement complet d’atmosphère.

Au Miradouro do Massapez, la forêt laissait place à l’immensité.

Devant nous, les falaises plongeaient dans l’Atlantique avec une élégance presque irréelle. Les reliefs semblaient se succéder à l’infini, ponctués ici et là par de fines cascades qui descendaient vers l’océan. Les cultures en terrasses épousaient les pentes abruptes, témoignant de cette incroyable capacité des Madériens à vivre en harmonie avec leur montagne.

Je suis restée longtemps.

Très longtemps.

Sans chercher à faire une photo de plus.

Simplement regarder.

Essayer d’imprimer cette vue quelque part derrière mes yeux.

Je repars de Madère avec des centaines de photographies.

Mais surtout avec cette conviction que le plus beau souvenir n’est pas toujours celui que l’on ramène.

C’est celui que l’on prend le temps de vivre.

Fin du voyage.

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